mercredi 18 juillet 2007

Jalousie, piège à connes

Elle s’appelait Agnès, elle était sortie pendant trois semaines avec mon mec qui ne vivait pas dans la même ville que moi. Il m’avait rejointe pour les vacances et je l’avais grillé en trois millisecondes. La belle lui avait laissé un petit mot dans la trousse que j’avais ouvert pour écrire je ne sais quoi pendant qu’il prenait une douche. Je me suis cuitée au whisky, j’en ai bu une bouteille presque d’un coup. J’ai dessaoulé trois jours plus tard pour lui écrire une lettre. A Agnès, pas à mon mec à qui je me contentais de montrer ma face souffreteuse de pauvre petite victime cornue. Je déclarais avec exemples à l’appui « fais ce que tu veux mais sache que mon histoire avec lui est intense, brutale, au-delà de l’humain. Personne au monde ne s’aime comme nous ». Je l’écrasais avec les moyens du bord, j’avais vingt ans, elle aussi.

Plus tard j’ai réfléchi. Enfin ! Après 15 ans de lutte contre la jalousie. Je me suis souvenue de mon amie d’enfance qui voulait toujours faire comme moi mais en mieux, je me suis souvenue de la guerre au lycée à la fac en entreprise entre filles qui se mataient de haut en bas, je me suis souvenue. De Maria que j’ai foutue à la porte parce qu’elle draguait sciemment les mecs qui me plaisaient, de tous ces mecs qui nous encourageaient par leur attitude à poursuivre cette guerre qui jugeaient qui d’entre nous était : mieux, plus belle, plus intelligente, plus rigolote, plus fêtarde. Qui. Je me suis souvenue. Des ravages de la comparaison, de la concurrence, de ton cul est mieux fait que le mien, des couteaux dans le dos de notre meilleure amie, de l’anorexie, la boulimie, du marquage de territoire, des filles qui se bouffent qui mordent qui s’arrachent les yeux. Je me suis souvenue de Merteuil qui tue Tournel. Ouf, dans sa chute elle entraîne aussi Valmont

Sacredieu.

Je me suis souvenue des hommes jaloux qui s’en prennent à leurs femmes, eux, qui les tuent. Qui sont solidaires entre eux, qui se tapotent dans le dos qui tout au plus ne se parlent plus quand vraiment ça ne va plus mais ce sont d’autres thèmes d’autres sujets qui entrent en jeu dans leur conflit. Je me suis souvenue de ce que je pense de la propriété et, douloureusement, de m’être approprié d’un homme de l’avoir contrôlé de m’être emprisonnée toute seule grâce à ma jalousie à ma peur de l’autre femme dans une existence étriquée. J’ai voulu posséder, moi, qui voulait avant tout rester libre, moi qui n’ai jamais cru en l’exclusivité. Puis, je me suis souvenue de ma misogynie. Je me suis vue devenir meuf à mecs en soirée souffrant de ne pas pouvoir en placer une souvent mais, bien, au fond, car souvent la seule, donc ayant passé traversé la sélection, je suis devenue comme eux.

Récemment. Récemment j’ai eu du respect des envies de pousser les autres filles de les encourager de les aimer vraiment dans leurs crises d’hystérie dans leurs difficultés récemment enfin j’ai pu ne plus avoir de mépris que pour les traîtres les arrivistes que pour celles qui ne veulent toujours pas comprendre que la jalousie est un piège à connes et qu’elles feraient bien de s’en débarrasser.

5 commentaires:

Chaminou a dit…

Tout à fait. Mais guère évident quand tes prétendues amies marchent dans le même piège à connes que toi. Et puis merdre, j'aurais dû assumer la solitude depuis le lycée...

Mimi a dit…

hey Sister buen ejemplo para describir los mismo que siento yo----Celia....Amparo....Fabiola...

Gracias

Jill alameda a dit…

Je me suis demandée souvent si en parler ouvertement à quelqu'un là-dedans ne pouvait pas aider. Du genre "bon maintenant ça suffit. T'as un cul, j'ai un cul, nous avons toutes les deux un cul merveilleux, t'as un tas de trucs qui sont merveilleux, j'en suis vraiment contente pour toi, moi aussi, tout va bien. Et gère ta vie sexuelle comme bon te semble, nous n'allons quand même pas anticiper leur problèmes de gestion dans une telle situation". Enfin il y a tout de même des exceptions, comme je le dis, des pas sauvables. La liste est longue, finalement, peut-être sont -elles toutes au gouvernement.

Anonyme a dit…

Depuis la nuit des temps les femmes ont toujours été bafouées et leurs droits réduits à néant. Saviez vous que sous l'empire romain les femmes étaient considérées comme des enfants? Elles vivaient d'abord sous l'autorité de leur père puis de leur mari qui avaient le droit de vie et de mort sur elles. Aujourd'hui la société a évolué mais les femmes sont toujours mal considérées. Ce blog n'a pas la prétention de changer le monde mais simplement d'être un lieu d'écoute, de soutient, d'information et de débat.
son adresse:

http://latribunedesfemmes.hautetfort.com/

Merci et bonne visite.

K'tastrof a dit…

Boum. Il m'a fallu du temps pour revenir mais j'y suis j'y reste. J'aime beaucoup ce que vous faites. Et je vais devenir une lectrice au regard acéré, moi aussi, tss... ;)