vendredi 2 novembre 2007

Les gangs de boutonneux

Il n'y a rien de plus bête qu'une bande de mecs de quinze ans en vacances. Ils viennent juste de muer. Ils ne contrôlent pas l'intensité de leur voix. Quand ils sont bourrés, on les entend à des kilomètres à la ronde. Ils se coiffent au gel. Chaque sortie est un événement. La découverte de la vie pour leur verte pine. La chasse aux chattes. Grégaires, ils se déplacent toujours en troupeaux. Ils se nourrissent de frites, de saucisses Herta, de chips, de sodas, de bières. Si l'un d'entre eux fume des clopes, ils en fumeront tous. Si un autre boit de la vodka, ils en boiront tous. Si un troisième fume des joints, ils en fumeront tous. Si un quatrième snife du trichlo, ils en sniferont tous. C'est obligatoire. Leur virilité est en jeu.

12 commentaires:

Jill alameda a dit…

YEAH!
ça dure longtemps le gang des boutonneux, parfois jusqu'à 25-30 ans surtout s'ils sont dans des filières très mec du genre "informaticien" ou "ingénieur".

Caroline a dit…

Les stéréotypes de fi-filles sont comparables, à suivre la même mode histoire d'être le clone le plus parfait, etc. Chez les filles comme chez les garçons, ces phénomènes sont vraiment plus visibles et à mourir de rire pour ne pas en pleurer, à l'adolescence, à l'âge où beaucoup sont prêt-e-s à tout pour rentrer dans le moule binaire...

Anonyme a dit…

Pas vraiment de leur faute : on leur demande sans cesse de devenir adulte, et le modèle le plus STABLE que nous leur proposons, c'est justement ce vieux moule binaire... Qu'ils/elles testent les stéréotypies les plus ridicules que les adultes leur transmettent plus ou moins volontairement est un retour de bâton dans la logique des choses. En troupeau, bien difficile d'en retirer autre chose que des banalités sur l'ordre du monde : virilité, fillasserie, homophobie et j'en passe... C'est individuellement que le discours collectif subit ses fissures et se nuance...
Bien à vous
TH

Caroline a dit…

Tout à fait d'accord, TH., à vrai dire je critique le moule binaire et les adultes qui continuent de le véhiculer quand illes pourraient faire autrement, mais c'est vrai que c'est plus difficile pour un-e ado d'avoir assez de recul par rapport à tout ça... Après tout, peut-être faut-il en passer par là pour connaître ces normes de l'intérieur afin d'être mieux armé-e pour tenter de les détruire.

Nikita Yallé-Autanhyalé-Affont a dit…

Tout groupe est un désastre...

fournip1 a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
fournip1 a dit…

Filles = caca prout
Signé: un ex-boutonneux, devenu ingénieur dans la banque (l'horreur quoi).

Anonyme a dit…

Niki..: c'est vrai que la bande, c'est un peu comme le degré 0 de l'humanité... Mais qui a dit que le retour au niveau du cerveau du canard ne fut pas jouissif ?
En tout cas je suppose que tu as raison Caro, on est un peu obligé de passer par là : de la bonne vieille intégration des normes pour ne pas passer pour un alien, puis une pincée de résistance pour la distinction-les mondanités, et le tour est joué !
TH
(curieux de savoir ce qui se racontait dans le message supprimé : j'aime les vulgarités...)

fournip1 a dit…

En réponse au commentaire du dernier anonyme, le message était:
"FILLES = CACA PROUT
un ex-boutonneux, ingénieur financier qui vous emmerde".
Je ne ferai pas l'analyse de mon texte mais, pour faire simple, cette exclamation scatologique traduit mon désarroi face au niveau du débat lancé dans le poste de monierza. Dire que les boutonneux en bande sont idiots ne sert en rien la conscience féministe, autant raconter que
la guerre, c'est cruel. Et puis, je me souviens que les filles de 15 ans, aux chambres tapissées de posters des NKOTB, et qui erraient en groupe, gloussantes dans les centres commerciaux ne rattrapaient pas forcément le niveau et n'étaient pas non-plus des modèles de non-conformisme ou d'indépendance d'esprit... Je me souviens aussi que ces mêmes filles étaient très contentes à l'idée de boire de la vodka et de fumer des pétards au coin du feu avec le gang des boutonneux!

Monierza Molia a dit…

Il n'y a aucun débat lancé par ce post. Il est juste question de se défouler. Vive la caca !

Anonyme a dit…

Dans mon lycée, la filière math-sup math-spé avait sa réputation, elle aussi - même si l'avoue-je j'ai eu ma période homosociale et "communautaire"... Que sont-ils devenus, mes chers gangs de boutonneux format notabilité banlieusarde ? Des intéressés dans la salle, mmh ?
TH

fournip1 a dit…

Inutile d'insister, je suis démasqué. Je n'étais pas dans le gang des boutonneux mais dans un lycée militaire, ce qui pourrait correspondre à un gang de boutonneux sous PCP, donc pas grand chose à voir avec les petits branleurs des lycées civils mais un esprit de corps développé en raison de l'internat et des activités militaires. Formés par cette éducation hyper-stricte, à l'anglaise, nous avions des valeurs extrêmes et les trajectoires de chacun sont très variées. Les anciens de ma classe occupent des fonctions diverses depuis le gardien de nuit jusqu'à l'artiste maudit en passant par le gendarme, le banquier, l'ingénieur dans l'industrie, l'humanitaire (mais pas dans l'arche de Z), le bidasse de base, l'officier, le professeur de sport, le chomeur longue duréee enfin un peu de tout quoi, il y en a même un qui a fait de la prison... Voilou quoi.